Nombres (Bamidbar) :
XIX
L’Éternel parla à
Moïse et à Aaron en disant : “Ceci est un statut de la loi qu’a prescrit
l’Éternel en disant : “ Parle aux enfants d’Israël et dis-leur de te
choisir une vache rousse, parfaite, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté
le joug. Vous la remettrez au prêtre Eléazar; il la fera conduire hors du camp,
et on l’égorgera en sa présence. Le prêtre Eléazar prendra de son sang avec le
doigt, et il fera aspersion de son sang vers la face de la Tente d’assignation, sept
fois. Alors on brûlera la vache sous ses yeux : sa peau, sa chair et son
sang, on les brûlera avec sa fiente..
Il n’y a pas de
doute que de tous nos commandements celui de la vache rousse (parah adoumah)
est le plus mytérieux et difficile à expliquer.
D’après le Midrash
Rabbah le sage roi Salomon qui avait réussi à comprendre tous les
autres commandements n’a pas réussi à deceler celui-ci. Pour cela il affirma : «
Je voudrais me rendre maître de la sagesse! Mais elle s'est tenue loin de moi.
»
Ecclésiastes 7:23.
Le sacrifice de la
vache rousse existait en Egypte. (Frazer XL :1) Les lois égyptiennes concernant
la pureté de la vachette sont encore plus contraignantes que celles de la
Torah, un seul poil noir ou blanc aurait suffi pour rendre impur l'animal
tandis que la Michna (ordre Taharot traité Parah) est un peu
moins stricte à cet égard.
Les sacrifices
égyptiens de la vache rousse remplacent des sacrifices plus anciens d'humains
roux qu'ils faisaient pour le culte d'Osiris.
En Mésopotamie
(Harran) il y avait un rite semblable où des hommes roux aux joues rouges
étaient offerts en sacrifice par des prêtes aussi habillés en rouge à Mars, le
dieu rouge.
Ailleurs dans les
cultures méditerranéennes et du Proche Orient toutes sortes d'animaux roux
étaient sacrifiées. Les romains sacrifiaient même des poupées rousses pour se
protéger de la mauvaise influence de certaines étoiles.
La couleur rouge qui
est le trait distinctif de ces sacrifices, n'est pas le rouge des pommes ou des
fleurs mais la couleur rousse du poil animal, la couleur des terres fertiles et
riches en argile d'Eretz Israel et d'Egypte et celle du blé au moment de la
récolte.
Cette couleur est
associée aux plus primitives préoccupations religieuses : La fertilité (la
couleur de la terre et des champs de blé) mais aussi la mort, la naissance et
la résurrection.
La fin de la récolte
était pour les anciens non seulement un motif de joie mais aussi d'angoisse à
cause de la mort des champs, la fin du cycle de vie du blé. Pou cela ils
exécutaient des rites afin d'assurer la résurrection de ces plantes.
Dans l'antiquité les
fêtes religieuses les plus importantes avaient lieu à la fin de l'été qui
coïncide avec la fin des récoltes. Roch Hachanah, Yom Kippour et Succot ont
aussi lieu à cette époque de l'année.
La fin et le
commencement de l'année coïncident avec la récolte et la nouvelle semence du
blé. Dans l'esprit des anciens cette époque était ambivalente, elle pouvait à
la fois signifier la vie ou la mort. Cette ambivalence nous la retrouvons dans
le rite de la vache rousse dont les cendres purifient ceux qui ont été au
contact des morts mais rendent impurs ceux qui les ont préparées. Nous la
retrouvons plus clairement dans la fête du Kippour, qui selon la tradition est
le moment où Hachem décide qui doit vivre dans la nouvelle année et qui doit y
mourir.
Le cycle de la mort
et la résurrection était omniprésent dans les religions anciennes, et bien sur
nous le retrouvons dans le Christianisme avec la mort et résurrection de Jésus.
Dans les religions anthropomorphes l'idée qu'un dieu puisse mourir était
naturelle. La mort de certains dieux était même nécessaire au fonctionnement du
cycle de croissance et maturation des plantes. Dans de sociétés agricoles
anciennes on croyait que la mort de dieu Osiris provoquait la renaissance du
blé.
Comme on ne pouvait
pas tuer le dieu directement, les victimes des sacrifices étaient des humains
ou des animaux considérés comme des incarnations d'Osiris. Avec le temps les
sacrifices humains sont devenus des sacrifices d'animaux et le sacrifice
d'Osiris est devenu un sacrifice à Osiris.
Cette croyance dans
le dieu du blé qui meurt et resucite s'étendait de l'Egypte à l'ouest : Dyonyse
en Grèce, Bacchus en Rome, et al est : au-delà de l'Euphrate Tammuz, et Adonis
(Adon, Adonai) en Mésopotamie occidentale, Phénice et Canaan.
Dans leur ouvrage Les
Secrets de l’Exode, Sabbah et Sabbah affirment que le rite de la vache
rousse existe aussi chez les Massaï. Je n’ai pas pu confirmer ceci par d’autres
sources.
Dans le Coran (Sourate
II appelée "Al Baqr" -La
Génisse ) nous trouvons un vestige de ce commandement. Le
rouge devient safran vif et l’os de la génisse sacrifiée permet de ressusciter
la victime d’un meurtre non avoué.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire