jeudi 25 juin 2015

Hippocrate aux enfers aujourd'hui.

Michel Cymes, dont j'admire la compétence professionnelle, l'honnêteté intellectuelle et les qualités humaines, nous a livré récemment un ouvrage ("Hippocrate aux Enfers", Stock, 2015) que j'ai lu avec intérêt. Le livre a le mérite de situer les horreurs commises par des médecins dans les camps de concentration et d'extermination allemands pendant la 2de Guerre Mondiale dans un contexte plus global, celle de la médecine de l'époque où l'euthanasie et l'eugénisme jouissaient d'une grande acceptation dans le corps médical et dans les milieux politiques "avisés" à niveau mondial. 

 Ma seule objection à son ouvrage est qu'en parlant des horreurs du passé, Cymes risque de nous laisser croire que maintenant ça va mieux. Que la déontologie médicale à définitivement surmonté cette parenthèse ignominieuse de la période nazie. Hélas je crois que ce n'est pas le cas :

 Le trafic d'organes est l'un des crimes les plus ignominieux et profitables que l'on puisse imaginer. Les profits de cette entreprise criminelle représentent un tiers de la totalité d'argent sale qui circule dans le monde (au même niveau que les trafics d'armes et de drogues). Ce type de criminalité est en plein essor. Dans les pays pauvres le kidnapping d'enfants, qui sont assassinés afin de leur prélever des organes,  est en progression exponentielle. Il est évident que ce type de crime horrible et terrifiant ne peut pas qu'avec le concours de médecins.

 Dans le trafic du sang, qui est légal dans les pays où les dons et les transfusion sont payantes, la situation déontologique n'est guère meilleure : Depuis les années 70 il s'est développé un business, orchestré par des médecins américains, en Haïti et d'autres pays pauvres où des gens affamés donnent du sang pour obtenir de l'argent et pouvoir manger. Dès que la faim revient, ils redonnent du sang pour pouvoir continuer à manger et donner. On utilise ces pauvres gens comme des vaches qu'on trait. Ce négoce est totalement nuisible pour la santé des donneurs, ce qui n'inquiète pas du tout les médecins impliqués dans ce lucratif négoce, car si le pauvre meurt ou tombe trop malade pour continuer a donner, il y a un vivier pratiquement illimitée de pauvres disposés à fournir la même prestation. 

 Ces choses faites par des médecins contemporains sont moins horribles que celles qui faisaient les médecins dont parle le livre de Cymes ?

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