dimanche 4 juin 2017

Azazel

Lévitique 16 :8

Aarôn donne les sorts sur les deux boucs,  
un sort pour IHVH-Adonaï, un sort pour ‘Azazél.
(Traduction Chouraqui)

Le parallélisme et symétrie entre Dieu et Azazel qui les présente comme deux entités équivalentes me trouble beaucoup et,  bien sur, me fait penser au polythéisme ou à un manichéisme avant la lettre.

Onkelos enlève ce parallélisme car il dit «un sort pour le Nom de Dieu et un sort pour Azazel ».

Rachi ne voit en Azazel qu’un endroit : « C’est une montagne dure et austère, une haute falaise, une terre coupée (accidentée) ».

Ibn Ezra et Ramban (Nahmanide) ne voient en Azazel que le nom du bouc, ce qui est aussi l’explication donnée par le Talmud (Yoma 67b) : «L’école de rabbi Ishmael expliqua qu’il s’appelle Azazel parce qu’il expie les fautes des anges déchus Uzaa et Azael»

Ce même Azael (parfois écrit Azazel) apparaît dans le livre d’Enoch comme un ange qui enseigne à faire le mal et qui y incite les hommes.

Pourtant il semble bel et bien qu’Azazel était une déité du désert et c’est l’opinion de la critique moderne.
La Jewish Encylopedia affirme qu’Azazel était le nom d’une déité babylonienne déchue et qu’il tenait une place dans les mythologie Sabéene, Mandéenne et Arabe.

La Torah elle-même témoigne de l’existence de la coutume idolâtre de sacrifier aux boucs «Ils ne sacrifieront plus encore leurs sacrifices aux boucs, derrière lesquels ils putassent. »Levitique 17 :7 (Trad. Chouraqui) et que ce culte avait des affinités avec celui des Satyres grecs.




16 :10Le bouc sur lequel est monté le sort d’‘Azazél, il le tient vivant face à IHVH-Adonaï; il l’absout pour l’envoyer à ‘Azazél, vers le désert.
(Traduction Chouraqui)

Le bouc d’Azazel est le bouc émissaire par excellence qui répond à ce besoin universel de l’homme à faire porter ses fautes par un autre (homme ou bête).

Dans son Guide, le Rambam ne voit dans ce renvoi du bouc qu’un moyen pour nous amener au repentir : « …les péchés ne sont point des corps qui puissent se transporter du dos d’un individu sur celui d’un autre …ces actes ne sont que des symboles destinés à faire impression sur l’âme, afin que cette impression mène à la pénitence… » (III, page 383).

On ne peut toutefois exclure des motivations moins rationnelles et symboliques dans l’exécution de ce rite.

Frazer (dans son classique Golden Bough) cite des très nombreux exemples de rites comparables qu’il attribue à la pensée magique.

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