Il existe surement des gens qui sont humanistes par bonté de cœur et/ou par des convictions religieuses (chrétiennes, bouddhistes…) ou idéologiques (libéralisme, socialisme, anarchisme…). Ce n'est pas mon cas, je suis humaniste par égoïsme, pour me protéger moi et les miens.
Je n'ai pas besoin de reconstituer l'histoire de comment on est arrivé à l'idée d'affirmer les droits de l'homme (de l'homme générique, des êtres humains en général) pour me rendre compte que quand on affirme les droits de seulement certaines catégories d'hommes (et par là même on nie des droits à d'autres catégories) cela constitue un danger pour chaque être humain parce que aucune catégorie n'est définitive, immuable ni étanche.
Les antihumanistes ne font que se tirer un bale dans le pied quand ils demandent, par exemple, le durcissement des conditions des gardes à vue. Ils agissent comme s'ils se croyaient immunes à ce procédé, comme si une telle chose ne pourrait jamais leur arriver. Hélas ils ont tort, n'importe qui, de gauche ou de droite, riche ou pauvre, illettré ou instruit, vieux ou jeune, homme ou femme peut être l'objet d'une accusation mensongère et d'une erreur de justice. Mettez vous cela dans la tête, Mesdames et Messieurs, n'importe qui, nul n'est à l'abri d'une violation de ses droits fondamentaux.
Nul n'est à l'abri. C'est pour cela que n'importe quelle restriction aux Droits de l'Homme affecte à chaque être humain quel qu'il soit, où qu'il se trouve.
Les nazis ont commencé par persécuter les opposants, les juifs et les gitans. On pouvait à l'époque se dire qu'il suffisait de ne pas être opposant, ce qui est une affaire de choix, ou juif ou gitan, ce qui ne concerne qu'une toute petite minorité, pour être à l'abri des persécutions. Eh non, dès que l'Etat Nazi a eu ce pouvoir de persécuter, il a interné dans les camps des bègues, des strabiques, des malades mentaux, des malades du cœur, des homosexuels. Vous croyez toujours que cela ne vous concerne pas ?
Un autre exemple c'était le Cuba des années 70 où le régime a déclenché une forte vague de persécution contre les homosexuels. Vous diriez "il n'y a qu'à ne pas être homosexuel". Comment démontre-t-on qu'on n'est pas homosexuel ? Nul n'est à l'abri d'être suspecté d'homosexuel. Il suffit qu'un voisin, un sbire, un collège rival… vous dénonce et voilà le tour est joué, vous vous retrouvez membre d'une catégorie persécutée.
L'humoriste Stéphane Gillon avait suggéré dans l'un de ses sketchs que Sarkozy dans le futur pourrait se trouver victime d'un législation concernant les français d'origine étrangère. Ce scénario, pour moi, n'a rien de rocambolesque. Si on laisse Sarkozy et ceux qui pensent comme lui passer des législations xénophobes, ces lois pourraient se retourner contre beaucoup d'eux (Sarkozy, Balkany, Balladur…).
La xénophobie est une misanthropie, voire une haine de soi, parce que nous sommes tous des étrangers dès que nous passons une frontière, et les frontières bougent beaucoup plus qu'on ne le croit.
Nous sommes tous des Roms, des Juifs, des Arabes, des homosexuels, des handicapés…
Donc, si vous êtes humaniste par gentillesse, moi pas, je suis humaniste par élémentaire bon sens et vous pouvez vous douter sur ce que je pense des antihumanistes.

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